Des conversations chargées sur le changement climatique dans l’industrie électrique

Cette année, j’ai participé à un grand nombre de conférences sur le changement climatique. Trouver les solutions pour réduire notre empreinte carbone et nos émissions de GES à travers la technologie et la collaboration est l’ordre du jour dans le plan de développement des affaires d’absolument tout le monde. 

Au mois de juin, j’ai écrit un bref article sur mes expériences au CEM10 à Vancouver, relatant en partie l’importance que les gouvernements, le secteur privé, et les organismes internationaux se réunissent pour discuter le futur de l’énergie.

Plus récemment sur notre campus ABB à Montréal, au nom de la branche canadienne de la compagnie, j’ai eu le plaisir d’accueillir une délégation d’experts européenne, le Renewable Grid Initiative (RGI). RGI est dirigé par sa fondatrice et PDG visionnaire, Dr Antonella Battaglini. Son équipe était au Québec, en Ontario et en Alberta pour discuter avec nos spécialistes et mener une étude sur l’intégration des formes d’énergies renouvelables dans les réseaux énergétiques. L’objectif : briser notre dépendance sur le diesel en tournant vers l’énergie hydroélectrique, solaire, éolienne, marémotrice et géothermale (les «renouvelables »). Intégrer l’énergie renouvelable aux réseaux électriques au Canada — surtout dans un pays aussi géographiquement vaste et varié que celui-ci — est possiblement notre voie technologique la plus importante pour combattre le changement climatique.

En septembre à Vancouver, j’ai assisté à la toute première réunion du Global Grid Forum organisé par le Edison Electric Institute. Rassemblant des chefs des services publics de partout du monde, notablement de la Chine et des États-Unis, la discussion au GGF concernait la transition aux renouvelables de nos immenses réseaux énergétiques. Le Global Energy Interconnection Development Corporation of China (GEIDCO)— dirigé par son président, Liu Zhenya — y était également présent pour présenter leur rapport sur l’énergie renouvelable en Amérique du Nord. J’ai eu la chance par la suite de rencontrer la présentatrice Dr Gao après ce discours fascinant et audacieux. Le rapport propose la création de connexions de courant continu à très haute tension qui traverseraient les frontières internationales. Encourager l’accélération et la croissance des interconnexions des réseaux énergétiques renouvelables à travers l’Amérique est la clé, soutiennent Zhenya et ses chercheurs, pour combattre le changement climatique.

Une photo de la docteur Hong Gao et moi-même. De Gao a donné une présentation fascinante, proposant de relier nos réseaux énergétiques ensemble à travers l’Amérique du Nord afin de mieux partager la production énergétique renouvelable disponible.

La technologie haute tension exigée par la transmission énergétique à très haut courant tombe dans les spécialités d’ABB, qui a conçu et réalisé la majorité des travaux à courant continu à haute tension(CCHT) à travers le monde. Une technologie de puissance, elle est utilisée pour transmettre l’électricité à travers de très longues distances, et même sous les océans. Le CCHT est aussi plus efficace que le courant alternatif traditionnel sur de longues distances. Comme tel, un schéma de transmission CCHT de point à point est généralement plus rentable et peut avoir des coûts d’investissements plus bas : deux gros avantages quand le résultat financier est souvent la clé à n’importe quel débat sur le changement climatique.    

Au Canada, ABB a complété le Maritime Link en décembre 2017. Cet « autoroute énergétique » CCHT, qui traverse sous la mer jusqu’à des profondeurs de 470 mètres entre la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve, est un câble de 500 mégawatts qui démontre le potentiel incroyable de l’intégration de l’énergie renouvelable. Le Maritime Link est une technologie de pointe, mais encore plus important, ce projet modèle la coopération gouvernementale et industrielle nécessaire pour répondre à l’imminente crise du climat.

Une photo des câbles CCHT enroulés qui traversent le fond marin entre la Nouvelle-Écosse et la Terre-Neuve (Source: Radio-Canada)

Les services publics provinciales au Canada travaillent fort pour développer des opportunités économiques comme l’électrification des transports en commun des centres urbains. Les défis sont complexes : passant des coûts aux perturbations aux modes opérationnels existants, le besoin d’une infrastructure plus robuste pour nos transports en commun, une reconsidération de l’aménagement urbain, ainsi que la question embrouillée de la main-d’œuvre, la production et la construction.

Comme membre du conseil du Consortium de recherche et d’innovation en transport urbain au Canada (CRITUC), j’ai pris part à la première Conférence canadienne sur les technologies de mobilité intelligente à faible émission de carbone à Winnipeg, où nous avons discuté en profondeur l’électrification du transit de masse. La conférence CRITUC était particulièrement intéressée par l’électrification des autobus publics, ainsi que les véhicules électriques autonomes à basse vitesse pour le transport du « dernier kilomètre ».

Toutes ces conférences cet été ont confirmé que la transition à l’énergie renouvelable est un problème multidimensionnel, mais que tous ces enjeux sont liés. De la création aux bornes de recharge pour véhicules électriques; à l’intégration de l’énergie éolienne aux réseaux existants; au construction d’« autoroutes électriques » pour nous lier malgré les distances, même les océans.

Résoudre la crise climatique est bon pour les affaires — mais c’est aussi bon tout court. On a besoin de construire de nouvelles infrastructures pour les habitants de tous les centres urbains majeurs sur la planète, ainsi que repenser notre consomption énergétique ici et à travers le monde. Il y a tellement d’opportunités et beaucoup à faire ! Je crois qu’il s’agit d’un moment propice pour la coopération paisible et constructive entre tous les pays qui veulent assurer un futur sécuritaire pour la planète.

Sur ce, pour combattre le changement climatique, il est également vital d’assurer la présence et engagement des femmes dans les rôles décisionnels dans notre industrie. C’est pourquoi je suis très fière de notre équipe ABB, qui cet été a été accordée la certification Parité de l’organisme La Gouvernance au féminin.

L’équipe ABB se voit remettre la certification Parité par La Gouvernance au féminin cette année.

Avant de conclure, je veux partager avec vous ce vidéo (malheureusement, il n’existe qu’en anglais) du Dr Josipa Petrunic de CRITUC, qui championne depuis 2010 la mobilité intelligente à faible émission de carbone au Canada :

Le travail continue — et nous avons tous un rôle pour construire un avenir sécuritaire et inclusif en repensant notre approche à l’énergie, le transport, et l’aménagement urbain.

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